Catégorie : Badia Calavena

  • Émotion à la petite église de Selva di Progno

    Perchée au-dessus de Sant’Andrea di Badia Calavena, dans le minuscule hameau de Selva di Progno, se dresse une petite église discrète, presque cachée par le silence des montagnes et la beauté brute de la Lessinia. Rien, au premier regard, ne laisse deviner l’intensité de l’histoire qui habite ses murs.

    Et pourtant…

    Un confessionnal chargé d’histoire

    C’est ici, dans ce simple confessionnal en bois, que Maria Stoppele — connue sous le nom de guerre Kira — est venue demander le pardon suite au refus de Don Padovani.

    Un geste intime. Profond. Bouleversant.

    Maria Stoppele fut une résistante italienne engagée durant la Seconde Guerre mondiale. Son histoire est étroitement liée à l’un des épisodes les plus marquants de la fin du régime fasciste : la capture de Benito Mussolini en avril 1945.

    Cette page d’histoire, méconnue et pourtant capitale, est racontée dans le livre de Filippo Stoppele, Kira… Ho catturato Mussolini (« Kira… J’ai capturé Mussolini »). L’ouvrage revient sur le rôle de ces hommes et femmes de l’ombre qui ont contribué à changer le cours de l’histoire italienne.

    Entre résistance et conscience

    Imaginer Maria Stoppele, après les événements, franchir la porte de cette petite église de montagne pour venir se confesser… c’est ressentir toute la dimension humaine de l’Histoire.

    Au-delà des faits, au-delà de la politique, il y a la conscience.
    Il y a le poids des décisions.
    Il y a l’âme.

    Dans le silence de cette église de Selva di Progno, on ne ressent ni gloire ni triomphe. On ressent une émotion simple, presque fragile. Le bois ancien, la lumière douce filtrant par les fenêtres, l’odeur de pierre et de cire… Tout semble porter la mémoire de cet instant.

    Un lieu discret, une mémoire immense

    La petite église ne figure pas dans les grands circuits touristiques. Elle ne possède ni fresques célèbres ni architecture monumentale. Mais elle détient quelque chose de plus rare : un fragment d’histoire profondément humain.

    Se tenir devant ce confessionnal, c’est toucher du regard un moment suspendu entre engagement, responsabilité et foi.

    C’est comprendre que l’Histoire ne se vit pas seulement sur les champs de bataille ou dans les palais officiels. Elle se vit aussi dans les villages, dans les montagnes, dans le cœur des hommes et des femmes.

    Une visite qui marque

    Si vous passez par les hauteurs de Sant’Andrea di Badia Calavena, prenez le temps de monter jusqu’à Selva di Progno. Entrez dans cette petite église. Asseyez-vous quelques minutes.

    Écoutez le silence.

    Et souvenez-vous que derrière chaque grand événement historique, il y a des êtres humains, avec leurs convictions, leurs doutes… et parfois leur besoin de pardon.

  • L’auberge La Colomba, une maison de résistance à Sant’Andrea di Badia Calavena

    Dans le petit village de Sant’Andrea di Badia Calavena, niché dans les collines de la province de Vérone, environ à 35 kilomètres, l’auberge La Colomba fut bien plus qu’un simple lieu d’hospitalité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle devint un carrefour clandestin où se croisaient voyageurs, résistants, soldats et fugitifs, un lieu où l’histoire mondiale s’invita dans la vie d’une famille rurale : les Stoppele.

    Une famille d’aubergistes au cœur de la tourmente fasciste

    Dans les années 1930 et 1940, l’auberge est tenue par Palmino Stoppele, un homme simple et profondément attaché à la liberté, et par ses enfants, Silvino et Maria. L’établissement accueille indistinctement clients ordinaires, mais aussi partisans clandestins et même des parachutistes alliés cachés dans la région.
    La Colomba devient peu à peu un refuge discret pour ceux qui refusent la dictature, un point de rencontre où circulent informations, messages et espoirs.

    Le drame du 12 septembre 1944

    Le 12 septembre 1944, la répression s’abat sur la famille. Après une dénonciation, les SS allemands et les milices fascistes encerclent le village.
    Palmino, 56 ans, et son fils Silvino, jeune médecin de 25 ans, sont arrêtés, torturés pendant plusieurs jours puis fusillés. Leur crime : avoir aidé la Résistance et protégé des partisans.

    Ce massacre marque à jamais Sant’Andrea. Une plaque commémorative à l’auberge rappelle encore aujourd’hui le nom des fusillés, et trois croix dressées dans la campagne, à Trettene, lieu Tre Croci sur Google Maps, signalent le lieu de leur exécution.

    Maria “Kira”, de la douleur à la Résistance

    La fille de Palmino, Maria Stoppele, choisit alors la lutte. Sous le nom de guerre Kira, elle rejoint les partisans dans les montagnes de la Lessinia, puis à Milan. Messagère, agent de liaison, combattante, elle participe activement au réseau clandestin .
    En avril 1945, elle fait partie du groupe partisan qui capture Benito Mussolini et Claretta Petacci à Dongo, sur les rives du lac de Côme.

    Son courage lui vaudra la Médaille d’argent de la valeur militaire, l’une des plus hautes distinctions italiennes, et fera de la famille Stoppele l’une des plus décorées de la Résistance italienne.

    Le retour à La Colomba

    Après la guerre, Maria revient à Sant’Andrea di Badia Calavena. Malgré les traumatismes, elle rouvre l’auberge familiale La Colomba, transformant ce lieu marqué par la violence en un symbole de vie et de reconstruction.
    Pendant des années, l’établissement restera un point de rencontre pour les habitants, les voyageurs et les anciens partisans, un lieu où l’on racontait encore les histoires de la guerre, de la liberté et du sacrifice.

    Un lieu de mémoire

    Aujourd’hui, La Colomba demeure un symbole puissant. Dans ce village discret de Vénétie, les ruelles, les plaques commémoratives et les souvenirs racontent l’histoire d’une famille ordinaire devenue héroïque.
    L’auberge des Stoppele incarne la Résistance italienne dans ce qu’elle eut de plus humain : des paysans, des aubergistes, des femmes et des hommes simples qui, face à la dictature et à la guerre, choisirent de dire non.

    La Colomba est maintenant fermée !

  • Témoignage d’un passé, Maria Stoppele…

    Que vous soyez adepte des librairies indépendantes ou habitué·e aux plates-formes en ligne, mon livre est désormais à votre portée.
    Il peut être commandé facilement, où que vous soyez, et il renferme une histoire complètement inédite, écrite spécialement pour cette édition.

    Une invitation à découvrir un récit nouveau, à soutenir les libraires indépendants ou à choisir le confort du web — dans tous les cas, l’aventure commence dès la première page.

    Maria Stoppele, connue sous le nom de guerre Kira, fut une résistante italienne courageuse, dont le rôle dans la lutte antifasciste restera gravé dans la mémoire. Reconnaissable par son audace et son engagement, elle participa directement à la capture de Benito Mussolini, un acte symbolique de la fin du fascisme en Italie.

    Décorée et honorée par le ministère de la Défense et l’ANPI pour sa bravoure, Kira incarne la détermination, le courage et la ténacité des femmes de la Résistance, souvent oubliées dans les récits historiques traditionnels. Son héritage n’est pas seulement un témoignage du passé, mais un exemple vivant de la force et de la justice.

  • Sant’ Andrea di Badia Calavena : le village qui honore ses héros de la Résistance

    Perché au cœur des collines verdoyantes de la province de Vérone, le petit village de Sant’Andrea di Badia Calavena est bien plus qu’un paisible havre de campagne italienne. Derrière ses ruelles et ses maisons anciennes se cache un passé héroïque, celui de la famille Stoppele, l’une des familles les plus décorées d’Italie pour son engagement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Des rues et des arrêts de bus pour se souvenir

    En se promenant dans Vérone, impossible de manquer la Via Palmino e Silvino Stoppele, dans le quartier de Porto San Pancrazio, dédiée officiellement aux deux résistants. L’hommage est même repris par les cartes et services de navigation modernes. Et pour que le souvenir reste accessible à tous, un arrêt de bus “Via Stoppele” permet aux passants et voyageurs de traverser le quotidien tout en portant la mémoire des héros.

    Aujourd’hui, le village reste un lieu de mémoire, où les visiteurs peuvent marcher sur les traces des héros, contempler les plaques commémoratives et réfléchir au prix de la liberté.

    Plaques et monuments : la mémoire gravée dans la pierre

    À Sant’Andrea di Badia Calavena, plusieurs lieux rendent hommage à la famille Stoppele et aux partisans de la région :

    • À l’auberge “La Colomba”, une plaque commémorative liste les fusillés de septembre 1944, parmi lesquels figurent Palmino & Silvino Stoppele et d’autres résistants.
    • Le site des Tre Croci, dans la contrada Trettene, marque le lieu tragique où Palmino et Silvino, ainsi que le partigiano Umberto Zaffari, furent exécutés. Trois croix rappellent encore aujourd’hui ce sacrifice.
    • Enfin, une plaque sur la tombe de Maria “Kira” Stoppele, posée au cimetière de Sant’Andrea le 15 septembre 2019 lors d’une cérémonie de l’ANPI, célèbre le courage et l’engagement de la résistante.

    Une famille d’exception

    La famille Stoppele se distingue par ses multiples décorations :

    • Maria “Kira” Stoppele a reçu la Médaille d’argent au Valore Militare, pour son rôle actif dans la Résistance.
    • Palmino et Silvino Stoppele ont chacun été décorés d’une Médaille de bronze, honorant leur courage et leurs sacrifices.

    Selon un hommage publié par le journal local L’Arena, la famille Stoppele figure parmi « les familles les plus décorées d’Italie » pour leur engagement héroïque dans la Résistance. Un témoignage fort qui rappelle combien le courage individuel et familial peut devenir symbole pour toute une nation.

    Sant’Andrea di Badia Calavena : un village qui n’oublie pas

    Aujourd’hui, le village reste un lieu de mémoire, où les visiteurs peuvent marcher sur les traces des héros, contempler les plaques commémoratives et réfléchir au prix de la liberté. Les histoires de la famille Stoppele et de ses sacrifices ne sont pas seulement gravées dans les pierres et les plaques, elles sont racontées, transmises et célébrées, faisant de Sant’Andrea di Badia Calavena un exemple vivant de la mémoire résistante italienne.

  • La Fiera dei Bogoni durant la Seconde Guerre mondiale

    La petite localité de Sant’Andrea di Badia Calavena cultive depuis près d’un millénaire une tradition aussi singulière qu’attachante : la Fiera dei Bogoni, littéralement « la foire des escargots ».

    Des origines médiévales

    Dès le XIᵉ siècle, le 30 novembre, jour de la fête patronale de Sant’ Andrea, le village accueillait un grand marché de bétail. On y échangeait non seulement des animaux de ferme – volailles, lapins ou bovins – mais aussi des vêtements, des céréales et des denrées alimentaires. Au fil du temps, un produit inattendu s’est imposé dans les étals : les bogoni, nom donné en dialecte véronais aux escargots, très prisés pour leur chair.

    Si le marché du bétail fut par la suite déplacé à Badia Calavena, la foire des escargots, elle, demeura à Sant’Andrea. Ce choix a façonné l’identité du village, transformant l’événement en véritable fête populaire où gastronomie, culture et convivialité se rencontrent.

    Une manifestation devenue emblématique

    Aujourd’hui encore, la Fiera dei Bogoni constitue l’un des rendez-vous les plus attendus de la région. Bien au-delà d’un simple marché, elle est devenue la vitrine du terroir local, attirant visiteurs, gourmands et curieux. On y déguste les fameuses préparations à base d’escargots, mais aussi d’autres spécialités de la Lessinia. Les stands de produits artisanaux et agricoles rappellent l’ancien rôle commercial de la foire, tout en lui donnant une dimension festive et touristique.

    Un patrimoine qui se lit sur les murs

    À la Libération, la Fiera dei Bogoni a repris son souffle. Elle est redevenue progressivement la grande fête de village que l’on connaît aujourd’hui, bénéficiant d’un nouvel élan identitaire et patrimonial.

    Sant’Andrea ne se résume pas à sa foire : le village conserve un riche patrimoine artistique. Plusieurs maisons arborent encore de magnifiques pintures murales et cadrans solaires, dont certains datent des XVIᵉ au XVIIIᵉ siècles. Ces fresques colorées, souvent naïves et poétiques, racontent à leur manière le passage du temps et l’histoire locale.

    Le bogone, symbole identitaire

    À l’entrée du village, un monument insolite attire le regard : une sculpture monumentale d’escargot, hommage à l’animal devenu emblème de Sant’Andrea. Bien plus qu’un clin d’œil humoristique, il incarne la mémoire collective et l’attachement des habitants à une tradition unique en Italie.


    Entre patrimoine, gastronomie et convivialité, Sant’Andrea a su transformer une coutume médiévale en fête identitaire et fédératrice. Chaque année, la Fiera dei Bogoni fait revivre l’âme du village, rappelant que les traditions les plus singulières sont souvent les plus vivantes.

    Comme beaucoup de fêtes populaires italiennes, la Fiera dei Bogoni a été profondément affectée par les années 1940. L’Italie était plongée dans le conflit, et la vie quotidienne des habitants de la Lessinia – dont Sant’Andrea di Badia Calavena – était marquée par la pauvreté, les restrictions alimentaires et le climat de peur instauré par le régime fasciste puis par l’occupation allemande.

    À la Libération, la Fiera dei Bogoni a repris son souffle. Elle est redevenue progressivement la grande fête de village que l’on connaît aujourd’hui, bénéficiant d’un nouvel élan identitaire et patrimonial. Le fait qu’elle ait survécu, même sous une forme réduite, pendant la guerre, a contribué à renforcer sa valeur symbolique pour les habitants.

  • Badia Calavena en 1944 : entre tourmente et beauté

    Badia Calavena en 1944 : entre tourmente et beauté

    Au cœur des Monts Lessini, non loin de Vérone, le village de Badia Calavena s’étend dans une vallée verdoyante, entouré de collines où alternent prairies, forêts et cultures en terrasse. Son nom vient de l’ancienne abbaye bénédictine, fondée au Moyen Âge, qui fut durant des siècles un centre spirituel et agricole de la région.

    En 1944, pourtant, ce décor paisible est bouleversé par la guerre. Comme dans de nombreux villages du nord de l’Italie, l’occupation allemande et la République de Salò pèsent lourdement sur la vie quotidienne. La population vit sous surveillance, avec la peur des dénonciations, des rafles et des réquisitions.


    La vie quotidienne sous le fascisme et l’occupation

    Les habitants de Badia Calavena, en majorité paysans et artisans, poursuivent tant bien que mal leurs activités. Les champs doivent être cultivés, les animaux nourris, malgré les pénuries et les prélèvements forcés. Le marché local, autrefois lieu de convivialité, devient un espace marqué par la méfiance et le manque.

    Pourtant, la solidarité continue de circuler dans les ruelles pavées du village. Les familles s’entraident, partagent le peu qu’elles possèdent, cachent parfois des fugitifs ou des résistants. Dans ce paysage rural, les montagnes offrent refuge à certains partisans qui s’opposent au régime.


    Les Monts Lessini, un refuge naturel

    La géographie de Badia Calavena joue un rôle essentiel durant cette période. Les Monti Lessini, avec leurs forêts denses, leurs grottes calcaires et leurs sentiers escarpés, deviennent un abri pour les résistants italiens, mais aussi un lieu de passage discret pour ceux qui tentent d’échapper aux contrôles.

    Ces paysages, d’une beauté sauvage, contrastent avec la violence de l’époque. Tandis que les canons résonnent parfois au loin, les prairies fleuries, les oliveraies et les clochers de pierre rappellent aux habitants la force tranquille de leur terre ancestrale.


    Mémoire et héritage

    Aujourd’hui, Badia Calavena garde les traces de cette époque douloureuse. Des plaques commémoratives et des témoignages oraux rappellent le courage de ceux qui ont résisté, souvent dans l’ombre.

    Mais le village reste aussi un lieu de sérénité : ses paysages intacts, ses traditions culinaires (comme le fromage Monte Veronese ou la polenta locale) et ses fêtes populaires rappellent qu’en dépit des épreuves, la vie a toujours repris ses droits.


    Badia Calavena, entre mémoire et beauté

    Évoquer Badia Calavena en 1944, c’est raconter à la fois la douleur d’un peuple marqué par la guerre et la beauté d’une terre capable de traverser les siècles. C’est un lieu où l’Histoire s’entrelace avec la nature, où les pierres des maisons gardent le souvenir des épreuves, mais aussi l’espoir de la liberté retrouvée.